mercredi 3 septembre 2008

Mes aventures à Varanasi (Bénarès)

Comme certains l’auront remarqué j’ai effectivement mis un peu plus de temps que d’habitude pour vous raconter mon weekend à Varanasi (Bénarès). Mais j’ai des circonstances atténuantes...vous verrez en lisant un peu plus bas !

Je suis donc partie vendredi soir pour passer le weekend dans la ville la plus sainte de la religion hindouiste, située au bord du Gange à quelques 750 km de Delhi. C’est la ville de Shiva, une des trois divinités les plus importantes en Inde (qui y aurait vécu). Varanasi est une ville assez difficile à décrire, l’atmosphère qui y règne est vraiment particulière et il n’y a pas vraiment de choses à visiter alors je vais faire de mon mieux pour raconter ce que j’ai appris de ce voyage…
Première mission en arrivant : trouver un hôtel. Nous allons loger dans la vieille ville, au bord du Gange, là où les rues ressemblent à ça :

Nous prenons finalement une adresse conseillée par le Routard car peu chère, 2,50 euros la nuit pour deux. Ca va, surtout que nous sommes les seules clientes de cet hôtel tenu par une famille aux petits soins pour nous ! J’y vois pour la première fois comment cuit le pain (sorte de grande chips épicée) qui accompagne le thali que l’on mange si souvent !
Après une si longue nuit de train, une bonne « douche » fait le plus grand bien…voici notre salle de bain, que l’on partage avec la famille :
Nous partons ensuite nous balader sur les bords du Gange… Beaucoup d’hindouistes viennent mourir ici. En effet, cela leur permet de se purifier dans l’eau du Gange, puis une fois incinérés, leurs cendres sont versées dans cette même eau et ils atteignent ainsi directement le Nirvana. Quand on se promène dans Bénarès, on voit donc relativement beaucoup de personnes très âgées attendant, allongées par terre que leur heure vienne.
On peut aussi croiser des cortèges d’hommes transportant les corps des défunts à incinérer, ou encore d’autres transportant du bois pour incinérer ces mêmes corps (environ 350 corps par jour, 24h/24).
On les amène dans les « Burning Ghâts », le long du fleuve.

Après une visite du « Nepali Temple », nous continuons de déambuler dans la ville.
Nous nous arrêtons chez Baba, un producteur de parfums, huiles et remèdes en tous genres.
Puis nous buvons un thé avec deux jeunes de 14 ans qui veulent qu’on leur apprenne quelques mots de français avant de rejoindre la cérémonie quotidienne de culte du Gange, le Puja (des pèlerins y chantent avant de mettre des bougies à flotter sur l’eau).
Le soir, de retour à l’hôtel, la maitresse de maison nous met du henné pendant que son mari s’occupe de me faire goûter des épices (sans accompagnement bien sûr pour bien comprendre les différences entre les épices…).
A l’aube, nous prenons une barque pour assister aux ablutions : des milliers de pèlerins viennent se purifier de l’eau du Gange dès le lever du soleil…
En vrai l’eau du Gange est l’une des plus polluée au monde : bactéries, déchets chimiques, déchets industriels, excréments, cadavres mal incinérés…voire pas incinérés du tout (les enfants, femmes enceintes, hommes religieux, personnes atteintes de maladies graves sont jetées directement au milieu du lac une fois morts).

Puis, après être passée chez l’astrologue, qui a, entre autres, lu les lignes de ma main, les traits de mon visages et mes grains de beauté (je préfère garder ses prédictions secrètes…), Krishna, qui nous avait conduit en bateau le matin nous emmène voir le reste de la ville, des temples et son université.


C’est vers ce moment que j’ai réalisé qu’il fallait que je retire de l’argent, et là erreur fatale _je ne comprends toujours pas ce qui m’a pris, j’ai dû oublier que j’étais en Inde l’espace d’une minute_ : j’ai traversé la rue en courant… alors qu’un 4x4 arrivait à toute vitesse par le côté où je ne regardais pas. Bref, une bonne trentaine d’indiens m’encerclent pour voir si je suis toujours vivante malgré ma tête ensanglantée… On m’amène tant bien que mal dans un petit centre de secours encore à moitié en travaux, où bien sûr, personne ne parle anglais, où des dizaines de gens attendent assis par terre, où poussière et araignées sont plus facilement visibles que les médecins et où un homme veut me faire une piqûre dans l’œil…Là je dis NON NON NON. Maelle était d’accord… je ne ressors donc qu’avec un petit pansement (qui avait peut-être déjà été utilisé…) au coin de l’œil, direction l’hôtel pour reprendre toutes mes affaires et prendre le train pour Delhi…
15 heures plus tard, 15 heures de train pendant lesquelles tout le monde me regardait comme si j’étais un monstre, je suis donc à Delhi, dans un vrai hôpital (une petite clinique privée en fait), on m’anesthésie, me fait quelques 10 points de sutures sur l’arcade et me désinfecte le reste de mes plaies. Me voilà enfin un peu rassurée. Je ne suis pas retournée travailler depuis mais hormis mon ENORME œil au beurre noir, mes égratignures qui piquent et mes fils qui font peur à toute personne que je croise, je vais beaucoup mieux ! Je retourne à l’hôpital ce soir pour voir avec le neurologue s’il n’y a pas d’autres problèmes… mais normalement TOUT VA BIEN !

3 commentaires:

Anonyme a dit…

il devrait trouver qqch le neurologue ... :-))) non sérieusement tu m'as fait bien peur mais vraiment très content de lire que tout va bien !!!
maman t'avait pourtant dit de faire attention !!!!
bisous

Anonyme a dit…

Ah oui! 15 heures de train quand même ! J'avais pas compris ça comme ça !
J'espère que ça ne t'as pas fait perdre ton envie de découvrir (et nous faire découvrir) l'Inde.
SOigne toi bien.

Besitos

Jo a dit…

Gloups mon ventre a bondi en lisant l'accident tout a coup comme ca je m'y attendais pas meme si tu nous avais prevenus ! Je me suis dis que tu allais te battre avec un voleur de porte monnaie ou je ne sais quoi mais je ne m'attendais pas un accident comme ca. Ces frissons passes prends un photo souvenir de ton oeil quand meme !
Il fallait bien qu'une personne de la JE visite les hopitaux a nouveau j'admire ton sens du sacrifice mais Vishnou version spartacash ne t'en voudra pas si tu te sacrifies un peu moins !!! Gros bisous et bon retablissement !